Les déchets dits ultimes, c’est-à-dire ceux dont les caractéristiques ne permettent pas d’envisager une forme de valorisation dans les conditions techniques et économiques du moment, doivent être traités.
Les Centres d’Enfouissement Techniques (CET) ou Installations de Stockage pour les Déchets Non Dangereux (ISDND) sont indispensables pour accueillir ces déchets. L’enfouissement constitue ainsi l’exutoire final et obligatoire de toute filière de traitement des déchets ménagers.
La loi de 1992 sur la modernisation de la gestion des déchets ménagers a bouleversé la concept de la décharge. Cette réglementation est très stricte et draconienne. L’enfouissement consiste toujours à stocker les déchets mais dans des conditions très contrôlées afin de maîtriser leur impact sur l’environnement.
De manière générale, la loi fixe :
- les critères d’implantation de ce type d’équipement (la distance aux habitations, l’épaisseur et l’imperméabilité du sol),
- les critères d’aménagement du site,
- les règles d’exploitation d’une ISDND (exploitation en casiers étanches, récupération des jus et des gaz de fermentation,…),
- les règles de réaménagement et du contrôle du site après exploitation.
Conformément à la réglementation, les ISDND acceptent uniquement les déchets ultimes, à savoir :
- les déchets non valorisables des ménages : refus de compostage et de tri non valorisables, encombrants et gravats issus des déchèteries,…
- les déchets industriels banals non valorisables issus des artisans, commerces et industries (assimilables aux déchets des ménages)
- les refus de bois non valorisables
- les boues de station d’épuration non valorisables dont le taux d’humidité ne dépasse pas 30%.
Attention, les déchets non admis sont :
- les déchets dangereux ou polluants : déchets toxiques, radioactifs, inflammables, corrosifs ou explosifs,…
- les déchets contaminés ou infectieux issus d’activités médicales
- les déchets spéciaux des entreprises (peintures, solvants,…)
- les déchets d’assainissement urbains : matières de vidange, graisses, boues de curage, boues de station d’épuration dont le taux d’humidité dépasse 70%.
Procédé d’enfouissement :
Les rejets générés par l’enfouissement des déchets sont traités :
Ce sont les eaux contenues dans les déchets stockés. Ces eaux proviennent des eaux de pluie traversant les déchets, elles constituent une charge polluante qui est traitée avant rejet dans le milieu naturel.
La forme des casiers de stockage (ou alvéole) et une couche de graviers installée au fond de l’alvéole permettent l’écoulement naturel des lixiviats.
Les eaux traitées sont rejetées dans le milieu naturel après traitement et contrôle de leur qualité conformément à la réglementation.
Les eaux qui ne sont pas en contact avec les déchets sont acheminées vers un bassin de stockage par l’intermédiaire d’un système de fossés. Ce bassin est destiné à la régulation des débits et au contrôle de la qualité des eaux. Les eaux traitées par décantation sont rejetées dans le milieu naturel après contrôle de leur qualité conformément à la réglementation. En cas d’éventuelle non-conformité, elles sont dirigées vers l’unité de traitement des lixiviats.
C’est le gaz produit par la dégradation de la matière organique naturelle contenue dans les déchets stockés. Il comprend essentiellement du méthane et du gaz carbonique.
Pour pallier toute nuisance, des drains sont installés pour capter ce biogaz et une torchère traite ce gaz par combustion. Une quantité importante de biogaz peut permettre d’envisager sa valorisation énergétique. La chaleur produite par combustion peut être transformée en électricité ou en vapeur.
Une zone de servitude d’utilité publique est instituée autour du site. Il s’agit d’une bande de 200 mètres où la construction et les activités non agricoles peuvent être réglementées afin de préserver la stabilité des ouvrages et la pérennité des installations. De plus, la zone d’exploitation opérationnelle est ceinturée d’une clôture afin d’éviter toute intrusion.
L’aménagement des installations et des casiers est réalisé en fonction de la topographie du site afin de réduire au maximum l’impact paysager. L’exploitation par alvéole de petite taille favorise une revégétalisation rapide du site après exploitation. Les essences locales sont alors privilégiées.
Cette phase revêt une importance particulière. Bien que l’enfouissement de déchets soit arrêté, le stockage continue de « vivre » (production de lixiviats et de gaz).
Il convient de minimiser les interférences avec le milieu extérieur par :
- la mise en place d’une couverture imperméable (naturelle ou artificielle) et d’une couche drainante,
- le recouvrement avec de la terre végétale.
Pour que le réaménagement soit effectué dans de bonnes conditions, il est nécessaire de
- s’assurer de la stabilité des terrains
- choisir des espèces végétales adaptées (racines peu profondes) pour la réhabilitation paysagère du site.
6 ISDND sont répartis sur le territoire du VALTOM : Clermont-Ferrand, St-Eloy-les-Mines, Miremont, St-Diéry, St-Sauves et Ambert.
En 2007, près de 245 500 tonnes de déchets ménagers ont été enfouis dans ces centres ainsi qu’au centre d’enfouissement de Cusset, situé en dehors du territoire du VALTOM.
La prochaine saturation des sites existants et l’absence d’installation de traitement sur le territoire de certaines collectivités (Syndicat du Bois de l’Aumône, Sictom Issoire Brioude) imposent la recherche d’un nouveau site, comme cela est prévu au Plan Départemental d’Elimination des Déchets Ménagers et Assimilés.
Le site de Montcel, sur le territoire du SBA, a été retenu pour instaurer une nouvelle ISDND pouvant accueillir de 30 000 à 50 000 tonnes de déchets ultimes par an.
Quelles sont vos connaissances en matière de prévention des déchets ?
En savoir plusAprès 6 mois de travaux, le chantier du pôle de traitement et de valorisation des déchets ménagers VERNEA compte aujourd’hui 110 personnes qui travaillent à la poursuite des travaux de génie civil.
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